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Henri Cartier-Bresson et l’économie collaborative

par | Éphémérides

Le 3 août 2004, le célèbre photographe, cofondateur de l’agence Magnum, s’éteint à l’âge de 95 ans.

On connaît le célèbre photographe surtout pour ses portraits et son style « photojournaliste », direct et cru. Il est aussi cofondateur de l’agence Magnum, en 1947, avec Robert Capa et David Seymour — qui seront tués lors de reportages de guerre, le premier durant celle d’Indochine en 1954, puis le second, aussi connu sous le nom de Chim, en 1956 lors de la crise du canal de Suez.

L’agence de photographes Magnum, première en son genre, était une coopérative en autogestion. Ses membres demeuraient propriétaires de leurs négatifs, prenaient toutes les décisions ensemble et se partageaient les profits équitablement. Au lieu qu’une agence ou un média acquière les droits sur le travail — et les négatifs — de tous ses photographes, les artistes se regroupent pour gérer ensemble leurs droits — et par la bande, leurs conditions et leur éthique de travail.

Les coops et l’économie sociale

La coopérative (née au XIXe siècle) est une des formes de l’économie sociale, qui vise, en principe, à concilier le développement d’une activité économique et l’équité sociale. Une coop fonctionne comme une entreprise à but lucratif, mais elle redistribue les profits également entre ses membres, qui prennent part aux décisions, de la gestion au quotidien aux orientations stratégiques, selon ses statuts.

L’économie sociale est parfois aussi nommée économie solidaire, quand elle ajoute une dimension environnementale ou de préservation du « bien commun » pour une communauté donnée. À plus grande échelle, le commerce équitable fait partie de ce mouvement d’économie solidaire, où les échanges se font entre de petits producteurs locaux qui partagent les mêmes valeurs sociales et environnementales, plutôt qu’entre gros joueurs motivés principalement par la recherche de profit.

L’essor d’Internet, et plus spécifiquement l’avènement des réseaux sociaux qui facilitent la diffusion et le partage des contenus, a vu naître l’économie collaborative, cousine de l’économie solidaire — quand elle respecte certains principes fondamentaux : le souci d’équité et de préservation de l’environnement.

Cette « nouvelle économie » — qui n’est pas si nouvelle, comme on l’a vu, mais qui se redéfinit selon les réalités et enjeux d’aujourd’hui, est révolutionnaire en ce sens qu’elle tend à se développer à l’horizontale plutôt qu’à la verticale, basée sur le partage et l’échange dans un contexte idéalement « circulaire » plutôt que linéaire (du haut vers le bas). En fait, on pourrait dire que l’économie collaborative se développe en spirales horizontales. 😉 Le but pourrait être d’appliquer en pratique le Principe de Lavoisier « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », inspirée du philosophe présocratique Anaxagore.

Le sociofinancement et la nouvelle finance

Le sociofinancement s’inscrit dans cette économie du partage, ou collaborative, puisqu’il permet à un grand nombre d’individus de collaborer effectivement à un projet proposé, et au porteur du projet de partager ses biens et ses services en échange de contributions qui lui permettront d’accumuler assez de capital pour réaliser ledit projet.

On sait que « se partir en affaires », ou même réaliser un projet artistique ou communautaire, demande un investissement de départ, en temps, en argent ou les deux — comme on sait, le temps, c’est de l’argent.

Le sociofinancement permet d’accumuler cet investissement de départ, sans devoir être approuvé par une banque ou une institution publique (bourses et subventions), en faisant, grosso modo, une prévente de ce que l’on s’apprête à fabriquer ou mettre en place — évidemment, dans les cas de projets communautaires, la prévente est remplacée par une participation plus ou moins active de la communauté au projet.

Malgré cet énorme avantage, il ne faut pas imaginer qu’un tel engagement de la part de plusieurs personnes envers un projet en sociofinancement se fait comme par magie. Bien au contraire. Toute campagne exige un effort soutenu. Cependant, cet effort est récompensé au-delà des fonds recueillis, puisque la réponse des gens au projet est 1. : un bon indicateur de la crédibilité, l’intérêt et la faisabilité du projet; et 2. : du potentiel bouche-à-oreille (ou clavier à regard) promotionnel.

Autrement dit, une campagne de sociofinancement permet de faire d’une pierre trois coups : étude de marché, financement, marketing. Et tout ça, par la force du nombre, en commençant par les gens proches de nous, qui font partie de nos réseaux, avec qui on a déjà quelques points en commun, etc., plutôt que l’avis subjectif d’une seule personne ou d’un comité de sélection de quelques personnes, quand ce n’est pas l’avis objectif d’un algorithme de calcul d’une institution de crédit !

La beauté de la chose réside certainement dans le partage, l’échange, entre un porteur de projet et ses contributeurs. Où il y a partage et échange, il n’y a pas d’assujettissement — il y a une relation d’égal à égal, ou du moins, qui s’en approche.

Henri Cartier-Bresson

Si la gestion de l’agence a depuis évolué, Magnum demeure une coopérative d’artistes et défend les droits de ses photographes membres ou associés, qui conservent en tout temps les droits d’auteur et de reproduction (copyrights) de leurs photos. Avec Internet, on sait bien que le contrôle sur la diffusion des contenus est pratiquement impossible. Cependant, l’utilisation ou la reproduction à des fins commerciales du travail de ses photographes est interdite sans leur accord.

Henri Cartier-Bresson, engagé politiquement et artistiquement pour la lutte des classes et contre le fascisme, réalisera des photoreportages autour du monde et couvrira plusieurs guerres, alternant entre son métier de photojournaliste et son approche presque anthropologique du portrait, dont plusieurs sont entrés dans l’imaginaire collectif, avec une lentille 50 mm sur sa Leica Rangefinder 35 mm.

Ici quelques-unes de ses images les plus fortes

Et quelques-uns de ses portraits :

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© Henri Cartier-Bresson / Magnum

Qui est qui ?

Reliez les chiffres et les lettres !

A. Simone de Beauvoir (1947)
B. Jean-Paul Sartre (1946)
C. Isabelle Huppert (1994)
D. Pablo Picasso (1953)
E. L’Abbé Pierre (1994)
F. Samuel Beckett (1964)
G. Albert Camus (1951)
H. John Huston (1946)

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